de Claudie Kibler ANDREOTTI –
DRAME D’UNE VIE. IMMERSION DANS L’HORREUR DES ATROCITES DE LA GUERRE DE 39-45. CADAVRES SOUVENT NON IDENTIFIES, ECRASES, DECHIQUETES,. EPARPILLES PAR LES BOMBARDEMENTS. DANS LES DECOMBRES, PARMI LES MORTS, UNE FEMME. SOUDAIN, DE SON VENTRE SERA EXTIRPE LE CORPS D’UN BEBE…
(UNMONDODITALIANI) INTER : La mort est berceuse funéraire…
Je suis née ou Mémoires d’outre-tombe ?
Itinéraire stupéfiant, inimaginable, de ce nouveau-né, fille de spectres, qui pousse son premier cri mortifère en la chair tiède de sa mère morte…
Impensable résurrection d’une petite fille qui jamais vraiment ne se sentira vivante et toujours recherchera inconsciemment ou non, ses origines, ses vrais parents.
En mal d’enfant, un couple triche : dès son expulsion du cadavre d’une magnifique jeune femme à la chevelure de lin. Triche quant au père, bel homme d’une incontestable noblesse, étendu près d’elle, il s’approprie ce bébé à peine extrait de son tombeau de chair. Lui cachant ses origines, les De Lummont lui donneront son nom.
Mais au fond d’elle-même l’enfant toujours ressentira l’appel d’autres parents. Toujours son corps, son âme, son cœur, auront l’intuition d’un mensonge.
Elle sait !Escalade dans la douleur, la mort, ce récit offre un tableau de la guerre dans sa véracité, sans fard.
Le style rythmé, captivant, pousse à lire toujours plus vite, parce qu’il faut avancer dans l’horreur…Récit haletant, litanie, parcours hallucinant, discours lancinant, comme scandé sur la mort, le monde des morts qu’elle craint de ne plus pouvoir quitter…Prostrée, elle s’enlise oppressée, se repaît des visions en feu, voit les victimes sortir du brasier, inspecte leurs vêtements en flammes, vit à même les corps dévêtus par le souffle des bombes, choisit les plus inconnus, les plus amputés, les plus sectionnés, pour s’identifier à eux. Énumération de morts déchiquetés qu’elle martèle comme pour lutter contre l’oubli…
Descente en enfer pour mieux ressusciter ?
Remarquable, l’écriture serrée, dense, émaillée de détails insupportables torture l’esprit. La cruauté des mots s’abat en tirs serrés sur l’esprit du lecteur comme les bombes sur les corps.
Le lecteur veut savoir, cherche, s’enlise dans les tréfonds du subconscient de l’auteur…
À 50 ans, Marie-Antoinette partira à la recherche de son passé, de ses origines. Consultant les archives « elle se fondra avec tous les autres morts, ces cadavres de la guerre, elle se gorge, s’enivre de sang, de cervelles, elle est anthropophage, nécrophage, repue, sale, déchue, elle a le vice de la mort, les stigmates de la guerre, un insatiable appétit…
Qu’en aurait-il été si ses parents adoptifs lui avaient dit son histoire ?
Ce livre est un cri, trop longtemps retenu…
Bouleversant !
Écrivain et éditrice, Chantal Chawaf a publié de nombreux ouvrages dont Le manteau noir et Les Obscures.
Biography:Chantal Chawaf was born in Paris, during the World War II. During her childhood, she studied art at l’Ecole du Louvre and literature. She travelled and lived for some years in Europe, in the Middle East and North America.
In 1974, she started publishing at the Editions des Femmes , created in relation to the MLF (french feminist movement) by the leading French feminist Antoinette Fouque. Chawaf’s first text, Retable. la rêverie, started what critics called “Écriture féminine” (along with Hélène Cixous, Catherine Clément, Julia Kristeva..).
Books which also belong to this movement are Cercoeur (1975) and Maternité (1979). In her books, Chawaf explores the theme of a mother-daughter relationship and attempts to realize the potential of words to free the female unconscious, to de-intellectualize her body and give voice to an inner experience.
Later in the 1990s her work on identity was seen as autofiction (le Manteau noir).
Chantal Chawaf work on birth and life-giving, leads in her last books to an ecocriticism of the contemporary society (Melusine des detritus).She has travelled frequently in the United States where her work is translated and studied in universities . She is the author of many novels, one play and two essays, and collaborations with regine Deforges or Adonis, and is editor at a French publisher.“Every writer nurtured me, yes, every one of them, literature nurtured me, but also painting, cinema, music, architecture, human sciences, and first of all, life and people and landscapes.
My favourite writer is Dostoievski. And also Faulkner, Shakespeare,Daphné du Maurier, Perrault’s Tales, Rimbaud, Balzac, Pœ, Charlotte and Emily Brontë, Chrestien de Troyes, Madame d’Aulnoy, Villon, Racine.” cc
16 / 06 / 2010
E ancora
- Formula 1, Verstappen vince Gp del Qatar davanti a Piastri e Sainz. Lontane le Ferrari
- Annegamenti in piscina, più del 50% riguarda bambini fino a 12 anni: un video con i consigli ai genitori
- Green Pass alla francese per muoversi sul territorio
- Iran-Israele, Trump al bivio: scelta Usa tra la diplomazia e la ‘madre di tutte le bombe’
- Sinner, nuova fidanzata? La modella Hasanovic presente alla finale di Parigi
